Dimanche 17 février 2008
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Dimanche 27 mai 2007
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Lundi 14 mai 2007

 

Maurice Lestieux et Nathalie Cousin présentent 
L'Echo des nuits de

 
Jeannine Dion-Guérin

 

 

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Lundi 14 mai 2007

 

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Jeannine Dion-Guérin

réalisatrice et animatrice de l'émission

"En vers et avec tous"

sur Radio-Enghien 98 FM,

le deuxième jeudi de chaque mois

de 13h à 14h

 

 

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Lundi 14 mai 2007
La sève renaît en bout de branches
Elle sait brûler aux sommités
désirs anciens et vaines peines
 
Ainsi du destin de cet acacia
qui depuis tant d’années
 
tient le devant de la scène
malgré ses douteux jardiniers
 
***
 
Voyez ce timide bourgeon
nu et recroquevillé.
 
Même hors d’haleine
il a su mêler - et c’est privilège
 
la feuille ratatinée à l’élan
du nourrisson épris de vert
 
***
 
Si nous voulons porter
comme lui blason d’été
 
apprenons à naître et renaître
plus encore à nous rappeler
 
que si doit se présenter le temps
de la décadence, offrons-lui
au moins celui de l’arrêter
 
 

Inédit, avril 2007

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Lundi 14 mai 2007

 

BIOGRAPHIE

Jeannine Dion-Guérin, auteur d’une dizaine de livres ou recueils publiés en France et en Belgique et de deux réalisations à l'usage des enfants d'âge maternel. Conceptrice et réalisatrice du Concours international pour le Centenaire de VAN GOGH en 1990 à Auvers-sur-Oise, sous la présidence de Léopold Sédar SENGHOR (1906-2006) et de l'anthologie numérotée " VINCENT, de la toile au poème ", action saluée par le Président de la République et les plus hautes personnalités du monde littéraire. Secrétaire générale de la Société des Poètes Français en 2000-2001, conférencière, animatrice et réalisatrice de l'émission " EN VERS ET AVEC TOUS " sur RADIO IDFM 98 Enghien, ayant pour but de faire partager l'idéal poétique au plus grand nombre et de le sensibiliser à cette fonction primordiale de changer son regard sur le quotidien. Comédienne, elle ne cesse de défendre la poésie, notamment celle des maîtres qui ont su en leur temps l'encourager dans sa carrière poétique : L. Sedar Senghor, Guillevic... se produisant sur diverses scènes, dont le théâtre de L'Aventure à Ermont (95), Paris, La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, le festival off d'Avignon...

BIBLIOGRAPHIE

L'écho des nuits, préface de Maurice Lestieux , illustrations de Casimir Farley, Editinter, 2007.

Sablier des Métamorphoses, préface de Jean Joubert, Editinter, 2005.

Le tracé des sèves, 1993, réed. Editinter, 2003.

Le Signe, quel signe ou le guetteur immobile, Editinter, 2002 .

Jeux d'osselets, Le G.E.A.I. bleu, la Centaine, Vaison, Bruxelles, 1998.

De chair et de lumière, Namur, Ed. de l'Acanthe, 1997.

Brève la migration, Namur, Ed. de l'Acanthe, 1996.

Mines de fond, Bruxelles, Les Elytres, 1994.

Eclats de soleil, 1989. 

Le sang des cailloux, 1987.

A l'usage des Enfants :

Mélodie sous la mer.

Babirime.

Jeannine Dion-Guérin a été la réalisatrice littéraire du Concours poétique international pour la commémoration du Centenaire de Vincent Van Gogh, en 1990, à Auvers-sur-Oise et de l'anthologie, ouvrage d'art numéroté : VINCENT, de la toile au poème.

Elle a représenté la France à la Journée internationale de la Francophonie "L. S. Senghor vu par l'Europe", Espace Senghor, Bruxelles, jeudi 30 mars 2006.

AUTRES ACTIVITES

Jeannine Dion-Guérin a été invitée à rencontrer des élèves du lycée technique de Montargis pendant plusieurs années consécutives.

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Lundi 14 mai 2007

JEANNINE DION-GUÉRIN – LE SABLIER DES MÉTAMORPHOSES - EDITINTER

Relisant un courrier de Jeannine, daté de fin février de l’année dernière, je relis cet extrait de son Sablier des Métamorphoses qui lui donnait quelques soucis : 

« C’est à la nacelle duveteuse des graminées que j’effectue mes plus beaux voyages. Elles m’offrent l’indolence, je leur consens l’imaginaire. Arrimée à leur duvet, humble je me blottis, bien décidée à m’embarquer là où mon insouciance rejoint leur liberté. »

**

Sablier, symbole du temps qui passe – qui s’écoule plus ou moins vite – interminablement, irrémédiablement. Métamorphoses, pour indiquer les changements qui interviennent tout aussi impérativement, dont on se réjouit ou dont on se lamente. Mais Jeannine Dion-Guérin, loin de se lamenter nous propose un véritable hymne à la vie, qu’il faut savoir appréhender dans ses plus petites, ses plus in-signifiantes (pour celui qui n’observe pas) manifestations. Ses plus humbles, ai-je envie de dire, mais aussi les plus nobles, les plus gratifiantes du fait de cette osmose qui nous met en communion (en communication) avec les êtres et les choses, avec tout l’univers dont « nous sommes les poussières », pour reprendre un mot d’Hubert Reeves, l’astrophysicien. La contemplation, la méditation , voilà l’important pour le poète, mais aussi pour tout homme qui ne veut pas se laisser enfermer dans la spirale de l’aveuglement. Hymne de l’incertain, de l’inconstant, du fugace éternel, hymne à la vie bien sûr, à cette vie qui nous échappe bien souvent, qui échappe à ceux atteints de fébrilité, à ceux qui pensent se « dépasser » dans l’action et qui se dépassent véritablement, hors d’eux qu’ils sont, à force de se projeter en avant.

Tout homme, à un moment ou l’autre de son existence, est en quête de soi, la plus importante, certes, mais celle-ci ne doit pas nous faire oublier le reste. Ce reste fait de petits riens qui sont émerveillement : « Combien d’embûches encore à niveler au long de cette traversée qui mène de nous à l’inconnu de nous-même. »

« Palper la matière, effleurer le vivant, sentir sous la paume l’émotion d’une peau, sa douceur, sa moiteur… identifier les épices exotiques de nos propres exhalaisons pour mieux stimuler la mémoire des parfums d’enfance. Autant de subtiles jouissances à se réinventer. »

Jeannine Dion-Guérin a ressenti, tout comme Marcel Proust, l’importance du temps retrouvé ; tout comme Jankélévitch, elle sait que la seconde passée n’est déjà plus et que celle à venir n’est pas encore, et qu’entre les deux, il n’y a que le moment présent : de cela, elle a fait sa bible, son credo. Parce que, et c’est l’essentiel d’en profiter : « Tout doit s’éteindre de ce qui porte vie ». A partir de là, le bonheur, le vrai, celui qui n’est que prise de conscience de l’éternel, est à notre portée. « Avec toi cigale, je fêterai l’offrande sirupeuse de l’arbre prodigue, gorgé de la résine des mots. Dans la joie, je me déferai d’un superflu charnel, afin d’emprunter cette impudence incertaine d’une seconde chance de vie. »

…  « la résine des mots » : la fonction poétique n’est pas abandonnée pour autant. Parce que l’écriture est nécessaire. Elle est miroir où le poète s’observe. Elle est combat constant contre soi-même : et quel triomphe lorsque : « La page vierge a consenti à la caresse. La source s’est offerte, la ligne ouverte s’est noircie. »

Un livre essentiel, à savourer à petit feu, à petites gorgées, à méditer surtout, lorsqu’on est à la recherche d’un art de vivre. »

(février 2005. Reproduit avec l’aimable autorisation de Jeannine Dion-Guérin.)

 

 

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Lundi 14 mai 2007
C’est Mallarmé, je crois qui dit qu’on ne fait pas un poème avec des idées mais bien avec des mots. Je suis assez d’accord avec cette « idée » : il n’y a pas besoin d’idée pour démarrer un poème, mais les mots, en venant, en se déroulant, en se répandant dans la pensée, ne finissent-ils pas par induire des idées ? Des idées auxquelles, même l’auteur n’aura pas songé, ce qui faisait dire à Valéry qu’on pouvait donner à ses poèmes le sens que l’on voulait.
Dans le poème lui-même, il peut n’y avoir que des mots, ceux-ci généreront fatalement l’idée. Et dans un recueil, qui est un assemblage de poèmes, rarement choisis et placés au hasard, les idées finissent par germer toutes seules dans l’esprit du lecteur. Jeannine Dion-Guérin a ce don si précieux de marier le mot avec l’idée, de si bien les imbriquer ensemble qu’on se laisser séduire d’abord par les mots et qu’on se prend ensuite à méditer sur leur sens. Un recueil, c’est aussi un long cheminement qui permet d’approfondir le thème, d’ouvrir plus largement la voie dans laquelle l’on s’est engagé.
Avec L’Écho des nuits, Jeannine Dion-Guérin a bien une intention et celle-ci se manifeste déjà dans le titre. La nuit est le temps par excellence pour ceux qui ne dorment que peu et qui ont besoin de meubler ce temps perdu à la recherche duquel on ne manque pas de faire de fabuleuses découvertes. La nuit est plus porteuse que le jour, elle renvoie plus d’échos que celui-ci, lorsque s’établit le silence qui permet d’écouter les battements du monde et les pulsations de son coeur. Importantes aussi, les approches de cette nuit que sont le crépuscule et l’aube.
Cette nuit, on aime la voir venir, la voir descendre, s’appesantir ; on la sait porteuse de mystère, d’inconnu, d’inattendu : Dispersion des formes, nous dit l’auteur, voici le crépuscule / l’heure où se dépossède la matière. La nuit laisse libre cours à notre imagination : « Jeune épousée, la nuit s’offre immatérielle / Elle se blottit mais n’enserre pas. (p. 15) Et l’imagination, qui s’éveille, de susciter d’abondantes images : ... clochers et cyprès à la robe alezane le poing brandi au ciel hennissent des jurons (p. 14) Le passé revient lui aussi en mémoire, l’enfance avec ses peurs et son merveilleux : Des ogresses soufflaient la mèche des lampes à pétrole et des ombres se glissaient derrière le mica des poêles à charbon (p. 55) Heureusement, il y a la poésie pour apporter le réconfort, la sérénité : Ainsi que chant d’oiseau / comble les tremblements du jour / le poème apaise l’effroi des nuits // Au frémissement de son appel / s’efface la suite des mauvais rêves. (p. 113) On sent là l’importance de l’écriture. Celle-ci est toujours présente chez Jeannine, même si elle ne précède pas les sensations. Elle est le pont qui va du réel jusqu’au rêve et que l’on peut franchir dans les deux sens : Faisons confiance à la main. Sur la portée du mot à choisir, elle sera notre plus sûr guide. // Elle demeure à jamais notre canne d’aveugle. (p. 21)
Mais la nuit ne nous révèle pas les étoiles. Le poète se doit d’évoque aussi la nuit matérielle, modifiée par l’homme et sa lumière artificielle que sont les enseignes publicitaires, les feux de l’autoroute, la nappe d’une ville, d’une fête foraine... Méfiez-vous, ô Nuits, des distractions humaines / Leurs gesticulations brisent le repos de vos dieux. (p. 78) Les hommes perturbent tout, dénaturent tout, on ne peut pas rester indifférent, et c’est comme un cri que lance le poète dans la nuit : Pourquoi les terriens, astéroïdes minuscules s’agitent-ils ainsi ? Tentent-ils de réguler les problèmes d’un univers qu’ils transgressent à l’infini ? (p. 81)
L’auteur a conscience de l’imperfection du poème, de son incapacité à exprimer totalement ce que l’on ressent : Comme les mots sont pauvres à témoigner de l’écho des nuits ! (p. 115) Notre existence nous échappe, cette succession de jours et de nuits, d’ombre et de lumière, de vérité et de mensonge, de succès et d’échecs, de tâtonnements, de certitudes et d’erreurs, de laideur et de beauté : tout ce qui fait la vie. L’extase, c’est l’échange entre l’en soi et l’en dehors de soi. La poème surgit de la quête d’unité. Que dire de plus ?
Il est grand temps pour nous / de naître à la nuit (p. 15) nous disait Jeannine au début de son ouvrage. La recommandation est valable pour tous : elle doit nous ouvrir les yeux et nous conduire à la lumière. Lisez ce livre, vous y prendrez sans doute tout autre chose, tant il est riche, mais aussi parce que chaque lecture est une réécriture.
 
Louis Delorme
 
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Lundi 14 mai 2007

 

 

A comme Arbre, Aurore, Authenticité, Aimer, Apprivoiser, Acacia

B comme se Blottir, Bulbe, Beauté

C comme Corbeau, Complicité, Corps, Chant, Consoler, Consentir

D comme Dion-Guérin, Double, Douceur

E comme Écho, Écriture, Énigme, Exorciser

F comme Femme, Fleur, Frémissement, Frisson

G comme Guillevic, Guetter

H comme Homme

I comme Images, Instant

J comme Jeannine, Jean-Charles, Jardinier

L comme Lumière, Lune

M comme Métamorphose, Mémoire, Miroir

N comme Nuits, Nourrice, Nature

O comme Oiseau, Oracle

P comme Poésie, Pythie, Printemps, Prunus

R comme Regard

S comme Signe, Souffle, Silence, Senghor, Sibylle, Sève, Soleil

T comme Toucher, Terre

U comme Universel

V comme Van Gogh, Violine, Volupté, Vérité

Y comme Yin et Yang

Z comme Zibeline de tendresse

 

 

 

 

Par COUSIN
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Dimanche 13 mai 2007

Toutes ces nuits,

 

 

Je garde la mémoire de quelques vents du soir,

de ceux-là qui hésitent entre automne et hiver

parmi les ombres douces poivrées de vétiver.

 

Je garde la mémoire de quelque nuit d’ivoire

aux soieries retroussées d’où telle fantasmagorie

de farouche entité s’enfle du souffle des collines.

 

Je garde en la mémoire toute nuitée persane

aux rondes magiciennes où clochers et cyprès à la robe

alezane le poing brandi au ciel hennissent des jurons

 

Mais le regard de pluie de ces nuits anthracite

des nuits trans-épiderme des nuits à fleur de peau

dont le lavis d’étoiles se meurt dans un halo

 

qu’endeuille une nue de poussier d’où même

la lumière insolite et soufrée fait que la lune

hésite à encorner le vide

 

ces nuits-là qui pourra jamais les effacer de nos mémoires

 

Poème publié dans la revue « Présence africaine » (N° 154-1990) et dédié à LS Senghor

et dans L'Echo des nuits, Editinter, 2007.

Par COUSIN - Publié dans : Poèmes
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