Maurice Lestieux et Nathalie Cousin présentent
L'Echo des nuits de
Jeannine Dion-Guérin
Jeannine Dion-Guérin
réalisatrice et animatrice de l'émission
"En vers et avec tous"
sur Radio-Enghien 98 FM,
le deuxième jeudi de chaque mois
de 13h à 14h
Inédit, avril 2007
BIOGRAPHIE
Jeannine Dion-Guérin, auteur d’une dizaine de livres ou recueils publiés en France et en Belgique et de deux réalisations à l'usage des enfants d'âge maternel. Conceptrice et réalisatrice du Concours international pour le Centenaire de VAN GOGH en 1990 à Auvers-sur-Oise, sous la présidence de Léopold Sédar SENGHOR (1906-2006) et de l'anthologie numérotée " VINCENT, de la toile au poème ", action saluée par le Président de la République et les plus hautes personnalités du monde littéraire. Secrétaire générale de la Société des Poètes Français en 2000-2001, conférencière, animatrice et réalisatrice de l'émission " EN VERS ET AVEC TOUS " sur RADIO IDFM 98 Enghien, ayant pour but de faire partager l'idéal poétique au plus grand nombre et de le sensibiliser à cette fonction primordiale de changer son regard sur le quotidien. Comédienne, elle ne cesse de défendre la poésie, notamment celle des maîtres qui ont su en leur temps l'encourager dans sa carrière poétique : L. Sedar Senghor, Guillevic... se produisant sur diverses scènes, dont le théâtre de L'Aventure à Ermont (95), Paris, La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, le festival off d'Avignon...
BIBLIOGRAPHIE
L'écho des nuits, préface de Maurice Lestieux , illustrations de Casimir Farley, Editinter, 2007.
Sablier des Métamorphoses, préface de Jean Joubert, Editinter, 2005.
Le tracé des sèves, 1993, réed. Editinter, 2003.
Le Signe, quel signe ou le guetteur immobile, Editinter, 2002 .
Jeux d'osselets, Le G.E.A.I. bleu, la Centaine, Vaison, Bruxelles, 1998.
De chair et de lumière, Namur, Ed. de l'Acanthe, 1997.
Brève la migration, Namur, Ed. de l'Acanthe, 1996.
Mines de fond, Bruxelles, Les Elytres, 1994.
Eclats de soleil, 1989.
Le sang des cailloux, 1987.
A l'usage des Enfants :
Mélodie sous la mer.
Babirime.
Jeannine Dion-Guérin a été la réalisatrice littéraire du Concours poétique international pour la commémoration du Centenaire de Vincent Van Gogh, en 1990, à Auvers-sur-Oise et de l'anthologie, ouvrage d'art numéroté : VINCENT, de la toile au poème.
Elle a représenté la France à la Journée internationale de la Francophonie "L. S. Senghor vu par l'Europe", Espace Senghor, Bruxelles, jeudi 30 mars 2006.
AUTRES ACTIVITES
Jeannine Dion-Guérin a été invitée à rencontrer des élèves du lycée technique de Montargis pendant plusieurs années consécutives.
JEANNINE DION-GUÉRIN – LE SABLIER DES MÉTAMORPHOSES - EDITINTER
Relisant un courrier de Jeannine, daté de fin février de l’année dernière, je relis cet extrait de son Sablier des Métamorphoses qui lui donnait quelques soucis :
« C’est à la nacelle duveteuse des graminées que j’effectue mes plus beaux voyages. Elles m’offrent l’indolence, je leur consens l’imaginaire. Arrimée à leur duvet, humble je me blottis, bien décidée à m’embarquer là où mon insouciance rejoint leur liberté. »
**
Sablier, symbole du temps qui passe – qui s’écoule plus ou moins vite – interminablement, irrémédiablement. Métamorphoses, pour indiquer les changements qui interviennent tout aussi impérativement, dont on se réjouit ou dont on se lamente. Mais Jeannine Dion-Guérin, loin de se lamenter nous propose un véritable hymne à la vie, qu’il faut savoir appréhender dans ses plus petites, ses plus in-signifiantes (pour celui qui n’observe pas) manifestations. Ses plus humbles, ai-je envie de dire, mais aussi les plus nobles, les plus gratifiantes du fait de cette osmose qui nous met en communion (en communication) avec les êtres et les choses, avec tout l’univers dont « nous sommes les poussières », pour reprendre un mot d’Hubert Reeves, l’astrophysicien. La contemplation, la méditation , voilà l’important pour le poète, mais aussi pour tout homme qui ne veut pas se laisser enfermer dans la spirale de l’aveuglement. Hymne de l’incertain, de l’inconstant, du fugace éternel, hymne à la vie bien sûr, à cette vie qui nous échappe bien souvent, qui échappe à ceux atteints de fébrilité, à ceux qui pensent se « dépasser » dans l’action et qui se dépassent véritablement, hors d’eux qu’ils sont, à force de se projeter en avant.
Tout homme, à un moment ou l’autre de son existence, est en quête de soi, la plus importante, certes, mais celle-ci ne doit pas nous faire oublier le reste. Ce reste fait de petits riens qui sont émerveillement : « Combien d’embûches encore à niveler au long de cette traversée qui mène de nous à l’inconnu de nous-même. »
« Palper la matière, effleurer le vivant, sentir sous la paume l’émotion d’une peau, sa douceur, sa moiteur… identifier les épices exotiques de nos propres exhalaisons pour mieux stimuler la mémoire des parfums d’enfance. Autant de subtiles jouissances à se réinventer. »
Jeannine Dion-Guérin a ressenti, tout comme Marcel Proust, l’importance du temps retrouvé ; tout comme Jankélévitch, elle sait que la seconde passée n’est déjà plus et que celle à venir n’est pas encore, et qu’entre les deux, il n’y a que le moment présent : de cela, elle a fait sa bible, son credo. Parce que, et c’est l’essentiel d’en profiter : « Tout doit s’éteindre de ce qui porte vie ». A partir de là, le bonheur, le vrai, celui qui n’est que prise de conscience de l’éternel, est à notre portée. « Avec toi cigale, je fêterai l’offrande sirupeuse de l’arbre prodigue, gorgé de la résine des mots. Dans la joie, je me déferai d’un superflu charnel, afin d’emprunter cette impudence incertaine d’une seconde chance de vie. »
… « la résine des mots » : la fonction poétique n’est pas abandonnée pour autant. Parce que l’écriture est nécessaire. Elle est miroir où le poète s’observe. Elle est combat constant contre soi-même : et quel triomphe lorsque : « La page vierge a consenti à la caresse. La source s’est offerte, la ligne ouverte s’est noircie. »
Un livre essentiel, à savourer à petit feu, à petites gorgées, à méditer surtout, lorsqu’on est à la recherche d’un art de vivre. »
(février 2005. Reproduit avec l’aimable autorisation de Jeannine Dion-Guérin.)
A comme Arbre, Aurore, Authenticité, Aimer, Apprivoiser, Acacia
B comme se Blottir, Bulbe, Beauté
C comme Corbeau, Complicité, Corps, Chant, Consoler, Consentir
D comme Dion-Guérin, Double, Douceur
E comme Écho, Écriture, Énigme, Exorciser
F comme Femme, Fleur, Frémissement, Frisson
G comme Guillevic, Guetter
H comme Homme
I comme Images, Instant
J comme Jeannine, Jean-Charles, Jardinier
L comme Lumière, Lune
M comme Métamorphose, Mémoire, Miroir
N comme Nuits, Nourrice, Nature
O comme Oiseau, Oracle
P comme Poésie, Pythie, Printemps, Prunus
R comme Regard
S comme Signe, Souffle, Silence, Senghor, Sibylle, Sève, Soleil
T comme Toucher, Terre
U comme Universel
V comme Van Gogh, Violine, Volupté, Vérité
Y comme Yin et Yang
Z comme Zibeline de tendresse
Toutes ces nuits,
Je garde la mémoire de quelques vents du soir,
de ceux-là qui hésitent entre automne et hiver
parmi les ombres douces poivrées de vétiver.
Je garde la mémoire de quelque nuit d’ivoire
aux soieries retroussées d’où telle fantasmagorie
de farouche entité s’enfle du souffle des collines.
Je garde en la mémoire toute nuitée persane
aux rondes magiciennes où clochers et cyprès à la robe
alezane le poing brandi au ciel hennissent des jurons
Mais le regard de pluie de ces nuits anthracite
des nuits trans-épiderme des nuits à fleur de peau
dont le lavis d’étoiles se meurt dans un halo
qu’endeuille une nue de poussier d’où même
la lumière insolite et soufrée fait que la lune
hésite à encorner le vide
ces nuits-là qui pourra jamais les effacer de nos mémoires
Poème publié dans la revue « Présence africaine » (N° 154-1990) et dédié à LS Senghor
et dans L'Echo des nuits, Editinter, 2007.
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